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Bienvenue sur ce blog consacré à la lutte des salariés de Chaffoteaux et Maury contre le projet de licenciement collectif qui touche leur entreprise.
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 16:50


Blouses

Septembre, l'été range son flingue,

moi j'ai ôté mes fringues, pas fringuant,
lessivé comme une blouse à l'abandon sur un fil,
plus besoin d'elle, elle fut pourtant belle, de ses éclats de cuivre,
de ses limailles dans ses mailles, des mains amis tapant l'épaule,
ma blouse, ample comme une cape,mais les bandits sont venus,  
avec leurs masques d'argent,leurs yeux de crocodile,
dis moi Odile qu'est donc cette entité cachée dessous les chiffres? Des chiffes?
Qui sont ces carnassiers griffant  nos blouses? Ce sont des caïmans,
cette entité qui ment? Sur mon étang, cette marée qui s'étend, tant et tant,
noire sur les blouses, qui flottent, elles flottent toutes,
mais sans pieds, sans mains elles ne descendront plus de sur le fil...

 


Bruno Cornières
Par François Daniel
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 16:04










D'autres visuels sont visibles dans la rubrique "cartes postales".
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Par François Daniel
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /2009 17:44


























Par François Daniel
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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /2009 11:11

Je ne sais pas aller à l’usine Chaffoteaux et Maury. Vingt ans à St Brieuc et je ne connais pas l’itinéraire. Les mondes sont séparés. Nous nous en accommodons. Le chemin pour les courses, pour le loisir, pour l’école, pour le travail, pour dormir, le chemin habituel pour manifester, le chemin pour se faire des amis, nos routes sont imprimées comme des rails à nos pieds.

Sur le parcours d’avant manifestation, il y a de petits groupes réunis qui attendent au bord d’un carrefour, près d’un drapeau, à côté d’une voiture aux fenêtres ouvertes comme pour une fête cycliste.

 C’est la même fierté qu’il y avait avant dans ce sport, l’effort, le savoir faire valorisé, le combat mano à mano de rudes travailleurs du guidon et de la pédale, la lutte et la sueur face à des cols infranchissables, à des descentes impossibles. Des cyclistes aux visages d’ouvriers sortant de l’écume d’un four. Frères d’effort et d’exploitation.

 C’est la même dignité qu’il y a avec ces salariés qui marchent pour encore une course avec leurs banderoles et autocollants au cœur. Ici, il n’y a pas de lots de consolation.

 C’est la même indignité qu’il y a à présent avec ces usines à sport aux cyclistes  marqués du fer de la réclame, recouvert de slogans d’entreprises. Ces usines à sport qui vendent leur sang, leur santé, leur jeunesse au commerce.

 C’est la même indignité qu’il y a à présent dans ces chefs d’entreprises dont les actions augmentent quand ils licencient. Un costume H.B pour un salarié licencié. Une piscine supplémentaire sur mon yacht contre cent salariés à la porte.

 

Y a- t- il une école internationale des patrons indignes ? Où ils apprennent le peu de poids d’une existence et le poids de l’argent.

Y a-t-il une école des patrons indignes ? où les professeurs donnent des cours de mensonges, comment utiliser sa langue à l’endroit et à l’envers.

 

Il fait si beau, il fait si triste. Trois cents personnes au soleil qui marchent. Ça licencie partout comme une foudre folle qui brûle toutes les maisons du village, ça ferme, ça casse, ça met dehors, ça prive de salaire, ça fait peur, ça fait taire.

 

Les drapeaux passent, les gens passent, le moment de la protestation tient sur trois cents mètres. 300 mètres de gens c’est facile à liquider et ça peut passer inaperçu. Et c’est ainsi qu’il est pratiqué partout en France, par petit, moyen, gros groupes : on efface des vies de gens, on liquide sans trop de bruit, quelques mètres de gens, de vies de famille.

 

Trois cents mètres d’humains différents même avec des hauts parleurs ce n’est pas très bruyant et de toute façon les oreilles responsables sont trop loin pour entendre. Elles dorment tranquillement les oreilles responsables sur leur oreiller, ou veillent dans leurs bureaux insonorisés et climatisés. Et c’est ainsi que c’est organisé, ceux qui licencient en Italie habitent en France, aux USA, en Inde, ceux qui licencient en France ont leurs sièges ou leurs boîtes postales en Italie, aux USA, à Jersey ou en Russie…

 

Plus rien de palpable, plus de lien physique, plus de responsable. Plus de patrons à séquestrer. Plus que des sous fifres, des prêtes- noms, des liquidateurs en costume. Plus personne à qui s’adresser, faire céder. Le boxeur gréviste travailleur boxe dans le vide, dans l’invisible et pourtant réel pouvoir.

 

 De la magie.

 Les patrons n’existent plus tout en existant, disparus ? ils sont délocalisés, ils sont multiples et insaisissables, invisibles, irresponsables « ce n’est pas nous, vous savez les actionnaires… » « ce n’est pas nous vous savez la crise » « ce n’est pas nous vous savez la conjoncture n’est pas très favorable dans le cadre du réchauffement climatique à la vente de chauffe-eau » « ce n’est pas nous vous savez mais vous coûtez tellement cher face aux autres travailleurs dans d’autres pays que nous ne payons vraiment pas cher ».

 

Les patrons d’autrefois, vivaient dans la ville, n’étaient pas tendres, se faisaient élire maire, député. Ils étaient d’un territoire.Leurs intérêts propres étaient que la communauté usine et ville fonctionne.

 Le patron d’aujourd’hui est international, spatial. Son territoire est l’invisible, il n’habite nulle part. Cette absence est organisée, pensée.

Plus personne à qui demander des comptes en sonnant à sa porte au petit matin.

 

Nous sommes dans le temps de la désolation. Tout le monde pleure mais personne ne peut plus rien. Cette impuissance est organisée, pensée. Les larmes ne sont pas dangereuses pour les transactions commerciales.

 

On s’habitue aux gens dans la rue, aux licenciements, aux protections pour les plus faibles abandonnées, aux dents plus soignées faute d’argent.

On s’habitue à ne plus avoir la parole, à ne plus avoir aucun pouvoir, à ce qu’il n’y a plus personne de concerné.

L’habitude est un poison qui paralyse.

 Il y a des grandes seringues d’habitude au coin des journaux, des télévisions qui versent dans nos yeux la même information, la même actualité, les mêmes nouvelles.

 

Tout devient commun, l’inadmissible d’hier devient l’admissible d’aujourd’hui.

 Tout devient normal. Les salaires à cent fois le salaire minimum, les hommes politiques assumant de ne plus avoir de pouvoir, les hommes politiques n’ayant plus le projet de changer l’inadmissible puisqu’il est devenu digérable, quotidien.

Et pourtant ils ont le pouvoir.

 

Comment être révolté chaque jour, cent, mille fois par jour puisque c’est la vitesse actuelle de l’inadmissible. Tant à dénoncer chaque jour et si peu de temps personnel d’insurrection . Chaque jour se réserver un moment. Chaque jour penser autrement. Chaque jour créer du neuf.

 

Olivier Couqueberg

 

Par François Daniel
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /2009 17:18
Reportage photographique de F. Daniel

L'ODDC et les communes de Saint-Brieuc Agglomération s'associent pour soutenir les salariés de Chaffoteaux et Maury dans la lutte qui les oppose à la direction du groupe MTS.

Depuis trois semaines, le photographe François Daniel, dans le cadre d'une commande photographique produite par l'ODDC 22, réalise des images de et avec les salariés de Chaffoteaux pour témoigner de leur résistance. Celles-ci sont affichées et installées dans les mairies de l'agglomération.


Témoignage de la réalité, de ce qui se passe.
La culture n’est pas du spectacle
Elle se nourrit du quotidien
Pour l’interpréter, l’écrire, le penser, le peindre, la photographier
Pour que ce quotidien devienne notre culture commune
L’histoire de ces gens, de ces ouvriers, ouvrières, cadres et ingénieurs de Chaffoteaux et Maury

Pour que ce quotidien du travail d’une usine, d’une grève, d’une lutte soit visible, lisible, compréhensible pour tous.
La culture sert à cela , comprendre et voir la vie de tous les jours, de nos voisins, de nos proches et lointains frères humains.
Ici à Chaffoteaux et Maury, l’ODDC s’engage à parler, à témoigner, à faire connaître ce qui se passe dans cette usine grâce à l’intervention d’artistes.
Un photographe, François Daniel, suit le quotidien de cette usine en lutte.
D’autre part, nous voulons photographier des familles concernées par ces projets de licenciement.   Montrer qu’un licenciement ne touche pas qu’une personne. Que 207 personnes menacées de licenciement c’est plus de mille personnes directement concernées.

Photographier les gens, les familles pour mettre des visages derrière les nombres. Montrer l’humanité et l’inhumanité de ces licenciements dits de masse.
Ces photographies seront accompagnées de textes des salariés de Chaffoteaux et Maury, de phrases entendues, de bribes d’histoires.
Faire comprendre qu’il n’y a pas de logique industrielle dans la fermeture de cette usine à la pointe des chauffe eaux, solaires, à condensation…. mais seulement une logique financière.

Olivier Couqueberg, directeur de l'ODDC 22

Contact : François Daniel - 0608569616 / soutien.chaffoteaux@orange.fr
ou Julien Martinet (ODDC) - 02 96 60 86 16 - julien.martinet@oddc22.com
Par François Daniel
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